Il avait un rêve et il en est mort. Une balle dans le cou a eu raison de ce pasteur noir américain, apôtre de la non violence, qui croyait dur comme fer en l'égalité des races. Son nom résonne aujourd'hui comme une évidence. Aux Etats-Unis comme dans le monde, Martin Luther King reste celui qui a su faire avancer les droits civiques de son pays. Celui qui a refusé d'utiliser la violence, qui croyait sincèrement établir une égalité raciale en faisant appel à la conscience des hommes.
Dans l'imaginaire collectif, il est devenu l'homme de la réconciliation. A l'époque, Luther King était perçu comme un fauteur de troubles, voire un activiste potentiellement dangereux plus que comme une icône pacifiste.
Cet ancien étudiant en sociologie puis en théologie, né à Atlanta quelques mois avant le krach boursier de 1929 est devenu pasteur, comme son père et son grand-père. Il commence par officier à Montgomery dans l'Alabama. Un état frontalier de la Géorgie, fervent partisan du maintien de la ségrégation raciale aux Etats-Unis.
Autant dire qu'en 1954, Montgomery n'est pas l'endroit rêvé pour un jeune couple afro-américain qui cherche à s'installer. Encore moins quand on a envie, comme Martin Luther King, de changer la donne. Bien qu'ayant grandit dans un environnement plutôt aisé, très éloigné des ghettos misérables où vivaient alors de nombreux Noirs américains, impossible pour le pasteur, qui arrivait d'un Etat voisin où les Noirs n'étaient pas mieux lotis, de rester insensible à leur sort.
" I have a dream..."
Quarante ans plus tard, l'action du pasteur reste ancrée dans l'histoire des Etats-Unis. La ségrégation est désormais illégale. L'« affirmative action » a en partie permis aux Noirs de rattraper les inégalités. Mais le jour dont Martin Luther King rêvait, celui d'un monde où « les fils d'esclaves et les fils de propriétaires d'esclaves s'assiéraient tous ensemble à la table de la fraternité » tarde à arriver. Les différentes communautés américaines sont toujours très divisées.
L'héritage de Luther King reste omniprésent dans l'histoire de son pays. Aux Etats-Unis, le 3e lundi de janvier est férié en son hommage. Des écoles, des rues et des centres portent son nom dans le monde entier.
Partout, son discours et son image sont régulièrement revisités. A l'instar de son célèbre discours « I have a dream », dans lequel le pasteur exprime son espoir d'une société égalitaire et fraternelle. Jusqu'à Nicolas Sarkozy, qui, mettant de coté ses propos sur les « racailles » d'Argenteuil, a repris quelques phrases du discours pendant sa campagne présidentielle.
C'était, C'est, Ce Sera TOUJOURS Un Grand Homme